Peut-on dire à tout le monde que l’on médite ? (Partie 2, suite et fin)

Peut-on dire à tout le monde que l’on médite ? (Partie 2, suite et fin)

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Suite partie 1 de l’article…

 

… Je pense que cela tient à l’association faite avec le Bouddhisme ou avec les activités sectaires (deux choses qui sont pourtant tellement aux opposés), et puis ça paraît curieux tous ces gens qui partent en retraite dans la forêt ou dans des monastères, pour faire le vide dans leur tête, quelle idée ! Bref, ces idées toutes faites ne vous faciliterons pas toujours la tâche. Votre annonce fait du coup l’objet de quelques moqueries dont vous vous passeriez bien. Les gens se demandent même ce que vous allez faire dans ce truc, ça paraît curieux voire suspect !

 

Ensuite, après quelques mois de pratique, vos chers interlocuteurs ne manqueront pas de vous faire remarquer l’inefficacité de la méditation puisque vous vous êtes un peu énervé en réaction à une situation déplaisante. Vous vous rendez compte, le méditant ne doit pas se fâcher, c’est interdit, ça ne colle pas avec la pratique ! vous devez rentrer dans le cercle des gens qui encaissent tout sans hausser le ton, sinon c’est pas bien, vous n’êtes pas dans le vrai, vous êtes en quelque sorte un imposteur ! Bien entendu, tout ça est complètement faux. Le méditant ne devient pas la « serpillère » sur laquelle tout le monde s’essuie les pieds sans qu’il dise STOP ou AÏE !
Et que dire si vous paraissez stressé. L’association faite entre la méditation et la relaxation est très ancrée dans les esprits. Un méditant est toujours ZEN ! C’est donc encore un signe que la pratique ne marche pas si bien que ça si vous êtes stressé. Et croyez-moi, il y a de fortes probabilités que votre interlocuteur vous le fasse remarquer.

 

Maintenant que le décor est planté, de manière peut-être un peu grisâtre mais plutôt réaliste malgré tout, il n’en reste pas moins que la question à se poser est : serez-vous en mesure de gérer ces situations sans pour autant vous sentir découragé ou penser remettre en cause votre pratique ? garderez-vous toujours votre motivation intacte ?
Vous seul avez les réponses à ces questions et il est important que vous soyez honnête envers vous-même.

 

Et comme mentionné au début de l’article, vous pouvez aussi parler de votre pratique en ayant l’espoir d’obtenir des encouragements ou, tout simplement, parce-que cela vous procure un sentiment de valorisation. La méditation est quelque chose qui revêt un côté mystérieux et complexe aux yeux des non pratiquants, il n’est donc pas étonnant, voire humain, de ressentir ce sentiment de valorisation lorsqu’on annonce pratiquer, d’avoir cette impression de faire quelque chose d’osé, de grand et beau.

Malgré tout, en fonction de votre interlocuteur et de son humeur du jour aussi, vous aurez peut-être droit à des encouragements, un regard étonné ou admiratif, une remarque acerbe ou un petit sourire narquois bref, des réactions qui combleront vos attentes ou viendront vous déstabiliser. Tout un programme…
Et comme je l’ai décris précédemment, les moments ou vous perdrez pieds, serez stressé, angoissé, énervé, fâché voire en colère, seront propices aux moqueries.

 

 

Et maintenant, je fais quoi ?

 

Le florilège des réactions que j’ai décrites et qui montrent le côté désagréable du comportement de certaines personnes lorsqu’on leur fait part de notre pratique n’est pas forcément systématique mais existe bel et bien. Il est important d’en prendre conscience pour ne pas être pris dans une spirale désagréable qui pourrait vous faire regretter vos confidences.

On a donc vu que, en fonction des personnalités, tout le monde n’est pas prêt à accueillir les remarques des uns et des autres, que l’impact sur notre motivation à pratiquer peut être significatif. Moqueries ou sarcasmes seront au rendez-vous, qu’on le veuille ou non.

 
Mais il y a aussi des gens bienveillants et ouverts d’esprit qui viendront renforcer votre volonté, votre enthousiasme à méditer. Tout n’est pas noir ou gris, c’est aussi blanc quelques fois, heureusement d’ailleurs. Malgré tout, tant que la méditation n’a pas apporté de changements intérieurs significatifs aux yeux du pratiquant, il se peut que le regard extérieur de son entourage (famille, amis, collègues), pas toujours positif quant à la pratique, le décourage. Il est donc judicieux d’attendre à minima que la méditation soit installée dans votre vie telle une habitude quotidienne et si possible, qu’elle ait apporté un premier effet sur vous, même si celui-ci est léger. Ces deux conditions contribueront à ancrer votre motivation et la rendre plus stable. Soulignons également la force de l’habitude.

 

 

Pour finir, je dirais que la méditation est avant tout une pratique qui se fait pour soi, pour devenir quelqu’un de meilleur pour nous-même et donc, pour les autres aussi. C’est une démarche intime avant tout donc posez-vous la question de ce que pourrait vous apporter le fait de confier aux autres que vous pratiquez, que recherchez-vous en vous confiant et enfin, êtes-vous prêts à affronter le regard extérieur et les critiques qui viendront souvent avec ? est-ce bien nécessaire pour vous ? quelles conséquences sur votre entourage proche ?
A vous de voir maintenant, c’est une décision qui vous appartient.

 

 

Bon choix et bonne pratique à tous.

 

Jérôme

1 Commentaire

  1. papaalino

    Comme tu as raison.
    … la démarche que nous entreprenons est avant tout personnelle; très personnelle.
    Quand au « qu’en-dira-t-on » et bien personnellement je garde en tête ce que Épictète à écrit dans son manuel: « Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses mais les opinions qu’ils en ont »; et il avait raison car on prend trop l’habitude de se dire « mais que pense le gens et que vont-ils dirent ». Dommage.On n’avance pas.Jamais de cette façon en tout cas.
    Alors oui tu as raison sur toute les lignes de ton article et de rajouter que c’est en se faisant du bien que nous pouvons en faire aux autres.

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