S’assoir sur un banc avec l’instant présent

S’assoir sur un banc avec l’instant présent

Je suis assis sur un banc, dans ce jardin, un après-midi d’hivers. Derrière moi, la maison, puis en face s’étend ce jardin qui offre à ma vue 2 très grands cyprès, un parterre d’herbe et tout autours, quelques fleurs de-ci de-là puis un mur en pierres sèches dont je ne cesse d’admirer l’habileté de celui qui l’a construit.

 

Je suis donc là, assis, disposé à profiter de ce moment seul, tranquille et c’est précisément cette expérience de l’instant présent que j’ai choisis de décrire. Cet article a été rédigé dans les heures qui ont suivi, je l’ai voulu sans filtre, véritable et au plus proche du vécu pour y laisser l’authenticité que l’expérience mérite. L’objectif étant de transmettre au mieux toute la qualité intrinsèque du moment.

 

Et voici l’expérience…

« Tous mes sens sont en éveil. Je regarde en face de moi et mes yeux sont attirés d’abord par cet arbre qui vacille à cause du vent qui l’attaque à grands coups de bourrasques et viennent à mon esprit quelques pensées marquant mon étonnement (du genre « oh la vache, ça souffle ! » etc…). Ce ne sont que des pensées qui se limitent à une interaction avec le moment, rien d’autre. Pas de pensées qui se prolongent avec des projections futures ou un mix d’expériences qui surgissent du passé, rien de tout ça.

 

Je regarde ensuite la haie alentours qui subit le même sort que les cyprès. Puis mon attention est soudainement attirée par le chant de deux oiseaux qui semblent bavarder. Je sens d’un coup la fraicheur du vent froid qui me glace les jambes. En parallèle de tout ça, des idées apparaissent à nouveau dans mon champ de conscience et je les vois disparaître aussitôt, j’appelle ça la « valse des idées ». Et là, c’est une danse tranquille jusqu’à ce qu’une d’entre elle, plus forte que les autres, entraîne mon esprit en dehors du jardin. Mais son jeux ne dure qu’un bref instant. Je m’aperçois que je ne suis plus dans l’instant présent et me dit « sorti ! », c’est en effet l’un des deux ou trois mots que j’utilise pour marquer mon retours dans l’ici et maintenant. Cette étape est empreinte de naturel, d’absence de jugement pour être « sortie du moment présent », il n’y a pas de critique ou de mots négatifs, il y a même un soupçon de joie et de satisfaction personnelle, le tout avec très peu de mots.

 

Mon attention est à nouveau capturée par mes sens, la vue, l’ouïe et le toucher. Et je suis bien, là, sur ce banc, mon esprit se balade avec aisance, sans attachement et avec légèreté parmi tout ce qui remonte dans mon champs de conscience : le bruit d’une voiture qui passe, la fraîcheur du vent sur ma peau, une pensée, la vue d’un chat qui marche avec agilité sur le rebords du mur, puis d’autres pensées, un sentiment de joie particulier accentué par un sourire intérieur etc…

 

Et cerise sur le gâteau, je suis heureux d’être simplement là, à cet instant, je n’ai pas l’ombre d’une envie d’être ailleurs, ou avec quelqu’un, ou à faire autre chose. Je n’ai pas envie de manger ou boire un truc, personne ne me manque, je ne souhaite pas être habillé autrement, aucun objet ne me manque non plus, je n’ai aucune envie d’acheter quoique ce soit bref, tout est là, à sa place, parfait comme c’est, il ne manque rien et rien n’est en trop, tout est simple et évident. »

 

Rien d’autre à ajouter, tout me semble être dit.

 

Jérôme

1 Commentaire

  1. papaalino

    très très belle description de l’instant présent. Pour vivre ses excellent moments je confirme toutes les sensations que tu décris. J’ajoute même qu’il m’arrive parfois de sourire pleinement et non plus intérieurement après ses grands instants ; le bien être total, avec une sorte d’apaisement, de plénitude même dans les plus grands moments.Que du bonheur. Merci à toi de partager cette expérience.

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