Osez la bienveillance !

Osez la bienveillance !

 

 

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Même si le mot bienveillance fait beaucoup parler de lui depuis quelque temps, voyons quelles définitions nous pouvons trouver dans le dictionnaire : « Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » ou encore « Disposition favorable envers quelqu’un ». Quant au mot « bienveillant », on trouve : « qui se montre attentif au bien et au bonheur des autres ».

Et si, maintenant, tout ceci s’appliquait envers nous-mêmes, si nous saupoudrions un peu de bienveillance non seulement dans notre quotidien afin de nous alléger la vie mais surtout, lors de notre pratique de méditation ?  En effet, le sujet mérite d’être creusé puisque la bienveillance et la méditation sont inséparables. Allons voir aussi ce que n’est pas la bienveillance.

 

Une mise au clair s’impose.

Avant toutes choses, je précise qu’il ne faut pas confondre bienveillance avec mollesse, niaiserie ou faiblesse qui sont des états invalidants en toute situation. La mollesse et la faiblesse n’apportent pas de solidité fasse aux événements, tandis que la niaiserie ne permet pas de comprendre objectivement ce qui se passe. Autant dire qu’elles ne favorisent pas en nous l’apparition d’attitudes ou de réponses appropriées. La bienveillance est à l’opposé de tout cela.

Par exemple, les parents veulent le bien de leurs enfants, ils font de leur mieux pour s’occuper d’eux et ça passe par l’écoute de leurs soucis, leurs inquiétudes et interrogations, le but étant de les aider à comprendre leur environnement, faire les bons choix ou simplement les écouter puisque des fois il suffit de peu pour qu’ils aillent mieux. Pour autant, s’il convient d’exprimer leur désaccord ou intervenir énergiquement, les parents le ferons avec la volonté d’agir dans l’intérêt de leurs enfants, c’est en tous cas cette intention qui les motive. Simplement, c’est faire preuve de bienveillance que d’agir ainsi.

 

 

La bienveillance appliquée à la méditation.

Pendant les séances, le méditant est face à ce qui se passe en lui : joie, colère, ennui, lassitude, apaisement, bien-être, flot d’idées, mental calme, rêverie, peur, souvenirs, plaisir ou rien de particulier (neutre) etc…, tout ceci est normal.

Ce panel de sensations ou manifestations mentales peut emmener l’attention du méditant, momentanément mais de manière répétée, assez loin de l’instant présent. Classique.

Mais en fonction de la personnalité du pratiquant, et surtout les premiers mois de pratique, le fait d’être confronté à cette « évasion mentale » peut être considéré comme un échec, une incapacité à faire, bref, une estime de soi qui descend à la cave…

Dès lors, déception, agacement, tension physique/mentale, autocritique pas sympathique dirigées vers soi peuvent compliquer sérieusement le moment de pratique et le rendre assez peu agréable à vivre.

Je pense que les personnes à tendances perfectionnistes sauront de quoi je parle puisqu’elles n’ont pas eu besoin de méditer pour expérimenter, tel que je viens de le définir, les conséquences de ce trait de caractère. En ce qui me concerne, j’en ai fait parti donc je connais bien le sujet…

 

 

Heureusement, l’antidote existe !  

Et oui, vous aurez compris que c’est la bienveillance. Appliquée régulièrement envers nous-mêmes, elle fait des miracles.

En effet, dans un premier temps, lorsque le méditant comprend intellectuellement et accepte qu’être face à soi-même n’est pas évident à affronter, lorsqu’on n’est pas habitué à la démarche, et qu’il faudra faire de son mieux pour ne pas s’en vouloir et ne pas se juger sévèrement, il saura mettre une bonne dose de bienveillance dans sa pratique.

 

 

Concrètement, comment ça se passe pendant la méditation ?

Par exemple, lorsque le méditant sent l’agacement arriver à l’issue de son vagabondage mental (il est assis là mais sont esprit l’emmène au supermarché, au travail, lui fait revoir une scène de film etc…) qu’il a du mal à maitriser et surtout, accepter, il pourra se dire quelque chose comme « tiens, l’agacement arrive, mais tout va bien, c’est normal, j’accueille l’agacement et le regarde sous toutes ses coutures….. c’est intéressant d’être son propre laboratoire, découvrir comment je sais que c’est de l’agacement… est-ce une contraction dans une partie du corps ? et/où : Est-ce un serrement dans le cœur ?  Est-ce une pensée du style : « tu ne devrais pas vivre cela » …. ou «ceci n’est pas ce à quoi tu t’attendais», ou est-ce un reproche « dis donc, si tu crois que c’est ça méditer ? » ou est-ce un découragement ? « Mieux vaut arrêter plutôt que de faire empirer les choses ».

En bref, quelques questions à se poser pendant la pratique, il y a le choix.

Cette écoute très attentive et sans jugement donne la possibilité au méditant de vivre peut être un événement qu’il ne s’était jamais permis de vivre, c’est ça la patience, puis se donner le temps de revenir à sa respiration. Il faudra bien entendu composer avec son émotion en la laissant être avec lui. Mais le fait d’être en mesure d’accepter sa propre difficulté à être dans l’instant présent, sans s’en vouloir, en gardant l’enthousiasme et la curiosité face à l’expérience dans son ensemble, c’est faire preuve d’une grande bienveillance envers soi-même. J’insiste aussi en redisant qu’il ne s’agit pas de baisser les bras, mais trouver ce juste milieu entre dureté avec soi-même et laxisme.

Le méditant s’apercevra au fur et à mesure de son apprentissage que cette attitude bienveillante facilite et améliore nettement la pratique. Notamment, ça permet de retrouver une meilleure attention (débarrassée du fatras mental des attentes et souffrances inutiles).

A noter que l’exemple ci-dessus est là pour illustrer de manière simple l’expérience de la bienveillance. L’idée étant de vous mettre sur les rails, vos expériences feront le reste. Aussi, ce sera à vous de juger s’il est nécessaire ou pas, en fonction de la récurrence, de la persistance et l’intensité de «la souffrance» à regarder, de vous questionner tel que montrer ci-avant. Si ce n’est qu’occasionnel et très rare, revenez simplement sur votre respiration, ça devrait suffire. Le cas contraire, vous savez quoi faire.

 

Si pendant votre pratique vous revivez une expérience passée mais encore douloureuse, la bienveillance vous aidera à affronter la situation. Elle ne résoudra pas le problème comme par magie, mais sera votre allier, un très bon atout car elle vous accompagnera sur le chemin épineux comme une mère qui vous berce pendant l’épisode douloureux.

 

 

Pour finir.

Je suis convaincu que vous avez compris l’intérêt d’appliquer la bienveillance pendant votre pratique. Alors à vous de tester et vous approprier cette qualité qu’est la bienveillance. N’oubliez jamais que seul votre propre expérience compte au final. Vous pouvez faire confiance à ceux qui vous transmettent leur savoir mais vérifiez toujours par vous-même. Indispensable !

Et pour ceux qui pourraient douter, que risquez-vous à essayer ? Sinon vous avez probablement une très bonne raison de ne pas le faire, écoutez-vous et laissez venir sans chercher à prouver que vous avez raison.

Bonne pratique à vous.

Jérôme et Anne

1 Commentaire

  1. papaalino

    Encore une fois tu as trouvé les mots justes même si au premier abord il peuvent être durs mais tu as eu raison de faire cette mise au clair car, à mon sens, on ne peut pas méditer si on s’apitoie sur son sort et que l’on accueil uniquement des choses qui, mine de rien, sont pour la plupart sans aucunes importances. Surtout celles qui ne dépendent pas de nous.
    Idem pour la bienveillance appliqué à la méditation.

    Être ( vivre ) dans l’instant présent et accepter ce qui arrive ou est arrivé, est nécessaire.
    De même que les sons ou les odeurs, un chant d’oiseau, le vent, la pluie, autant de chose que la nature, quand on sait et/ou qu’on prend le temps de l’écouter, peut nous apporter énormément et avec bienveillance lors d’une méditation qui part dans tout les sens.

    Pour finir.
    Une citation de l’un de mes maitres à penser :

    « si la bienveillance ou l’attention à l’autre est naturelle, alors, il est bon de prendre soin de l’autre autant que de soi-même  »

    Marc Aurèle.

    Du reste j’en profite pour rebondir sur le partage de ton expérience pour te redire que tu fais un sacré chemin. Bravo pour avoir le courage de dire que toi aussi tu es partis de loin.

    Bravo pour ton article

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