Osez la bienveillance !

    Article disponible en version MP3   Même si le mot bienveillance fait beaucoup parler de lui depuis quelque temps, voyons quelles définitions nous pouvons trouver dans le dictionnaire : « Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » ou encore « Disposition favorable envers quelqu’un ». Quant au mot « bienveillant », on trouve : « qui se montre attentif au bien et au bonheur des autres ». Et si, maintenant, tout ceci s’appliquait envers nous-mêmes, si nous saupoudrions un peu de bienveillance non seulement dans notre quotidien afin de nous alléger la vie mais surtout, lors de notre pratique de méditation ?  En effet, le sujet mérite d’être creusé puisque la bienveillance et la méditation sont inséparables. Allons voir aussi ce que n’est pas la bienveillance.   Une mise au clair s’impose. Avant toutes choses, je précise qu’il ne faut pas confondre bienveillance avec mollesse, niaiserie ou faiblesse qui sont des états invalidants en toute situation. La mollesse et la faiblesse n’apportent pas de solidité fasse aux événements, tandis que la niaiserie ne permet pas de comprendre objectivement ce qui se passe. Autant dire qu’elles ne favorisent pas en nous l’apparition d’attitudes ou de réponses appropriées. La bienveillance est à l’opposé de tout cela. Par exemple, les parents veulent le bien de leurs enfants, ils font de leur mieux pour s’occuper d’eux et ça passe par l’écoute de leurs soucis, leurs inquiétudes et interrogations, le but étant de les aider à comprendre leur environnement, faire les bons choix ou simplement les écouter puisque des fois il suffit de peu pour qu’ils aillent mieux. Pour autant, s’il convient d’exprimer leur désaccord ou intervenir énergiquement, les parents le ferons avec la volonté d’agir dans l’intérêt de leurs enfants, c’est en tous cas cette intention qui les motive. Simplement, c’est faire preuve de bienveillance que d’agir ainsi.     La bienveillance appliquée à la méditation. Pendant les séances, le méditant est face à ce qui se passe en lui : joie, colère, ennui, lassitude, apaisement, bien-être, flot d’idées, mental calme, rêverie, peur, souvenirs, plaisir ou rien de particulier (neutre) etc…, tout ceci est normal. Ce panel de sensations ou manifestations mentales peut emmener l’attention du méditant, momentanément mais de manière répétée, assez loin de l’instant présent. Classique. Mais en fonction de la personnalité...

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Une retraite pour méditer (dernière partie)

      2ème partie de l’article.     Avez-vous le niveau et y arriverez-vous ?   Si vous avez eu les enseignements de base pour apprendre à méditer (les 8 semaines de MBSR par exemple) et que vous pratiquez déjà un peu, vous serrez à votre place dans ce type de retraite. Quoi qu’il en soit, avant votre inscription, vous aurez un premier échange avec l’enseignant(e), notamment avec Anne pour ses retraites. L’objectif est de vérifier ensemble l’adéquation entre les attendus de chacun. Pour ma part, j’ai vu tous les débutants très satisfaits de leur séjour donc pourquoi pas vous si vous êtes novice et hésitez ? D’ailleurs, si vous avez un réel intérêt pour la méditation, une retraite sera à mon sens inévitable pour apprendre sur vous-même et progresser sur la voie du mieux-être.     Pratiquer parmi les autres.   Avant ma toute première retraite, j’avais l’habitude de méditer seul. C’est pourquoi l’idée de me retrouver en compagnie d’autres méditants et sentir leur éventuel regard sur moi me dérangeait un peu. Avec le recul, je m’aperçois combien cette crainte n’était pas fondée. En effet, les participants à une retraite sont là pour les mêmes raisons que vous et l’état d’esprit ne va pas du tout dans le sens du jugement des autres. Bien entendu, nos propres pensées sont ce qu’elles sont, il y aura toujours en nous une part de critiques automatiques envers l’autre mais rien qui n’aille à l’encontre de l’atmosphère bienveillante générale. Les gens ne sont pas là pour ça et ont mieux à faire. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer, lors d’une retraite, notre propre cinéma mental qui nous suggère que telle ou telle personne doit penser ceci ou cela de nous. C’est une expérience très révélatrice sur nous-mêmes.   Alors allez-y tranquille sur ce point là. Les autres sont là pour s’occuper d’eux-mêmes et non pas de vous.     Les préjugés, fondés ou non ?   Sujet délicat mais qui doit être abordé pour tenter d’éclairer ceux qui sont intéressés par une retraite. Le sujet des sectes est selon moi celui qui reste en toile de fond et peut provoquer la suspicion chez certains. En effet, nous avons tous entendu parler de personnes qui se sont laisser embarquer par...

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Une retraite pour méditer (1ère partie).

      Si vous lisez cet article, c’est probablement parce-que vous êtes curieux voire intéressé par la retraite. Mais peut-être vous posez-vous plein de questions et hésitez à franchir le cap ? En effet, vous devez vous demander ce qu’on y fait, dans quel genre d’endroit ça se passe, si c’est bien pour vous et si vous avez le niveau, est-ce-que ce ne sera pas trop dure ou trop long, y arriverez-vous, qu’est-ce-qu’on y mange, est-ce facile de pratiquer parmi d’autres personnes, le regard des autres sur vous aura quel effet, le silence vous conviendra-t-il et globalement, qu’est-ce-qu’une retraite ? J’aborderais donc ces questions ainsi que certaines idées reçues et préjugés sur lesquels il est utile de s’attarder un peu.     Un moment privilégié pour s’occuper de soi.   Cela peut paraître anachronique mais on prends le temps de s’occuper uniquement de soi ! Il n’est en effet plus trop d’usage dans notre société actuelle de décider d’être attentif à soi pendant plusieurs jours. Et oui, je parle bien d’égoïsme ! Mais d’un égoïsme utile et saint, celui qui vous fait du bien et vous rend service, celui qui aura aussi un effet positif indirect sur votre entourage. Et pour ceux qui pourraient ressentir un peu de culpabilité à l’idée de ne penser uniquement qu’à soi, pendant plusieurs jours d’affilés, soyez à l’aise et gardez à l’esprit cette phrase : « S’occuper de soi dans le but d’améliorer notre mieux-être, c’est aussi se donner les moyens d’être chaque jour un peu plus bienveillant avec les autres. »   D’ailleurs, quand on y réfléchit 5 minutes, avez-vous déjà été accueillant/sympathique avec quelqu’un lorsque vous étiez en colère ou tout simplement mal luné, fatigué ou agacé ? Je ne pense pas. A contrario, si vous aviez rencontré cette même personne, dans une situation identique, mais cette fois après avoir fait une bonne séance de sport, un massage ou toute autre activité qui apporte du bien être, auriez-vous pu être plus accueillant et sympathique ? Vous connaissez la réponse.   Alors vous conviendrez peut-être plus aisément que, prendre le temps de s’occuper de soi afin d’en tirer des effets bénéfiques pour nous-mêmes avant tout, aura forcément des effets positifs sur les personnes que vous rencontrerez. Et vous pouvez être certain que faire des retraites...

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S’assoir sur un banc avec l’instant présent

Je suis assis sur un banc, dans ce jardin, un après-midi d’hivers. Derrière moi, la maison, puis en face s’étend ce jardin qui offre à ma vue 2 très grands cyprès, un parterre d’herbe et tout autours, quelques fleurs de-ci de-là puis un mur en pierres sèches dont je ne cesse d’admirer l’habileté de celui qui l’a construit.   Je suis donc là, assis, disposé à profiter de ce moment seul, tranquille et c’est précisément cette expérience de l’instant présent que j’ai choisis de décrire. Cet article a été rédigé dans les heures qui ont suivi, je l’ai voulu sans filtre, véritable et au plus proche du vécu pour y laisser l’authenticité que l’expérience mérite. L’objectif étant de transmettre au mieux toute la qualité intrinsèque du moment.   Et voici l’expérience… « Tous mes sens sont en éveil. Je regarde en face de moi et mes yeux sont attirés d’abord par cet arbre qui vacille à cause du vent qui l’attaque à grands coups de bourrasques et viennent à mon esprit quelques pensées marquant mon étonnement (du genre « oh la vache, ça souffle ! » etc…). Ce ne sont que des pensées qui se limitent à une interaction avec le moment, rien d’autre. Pas de pensées qui se prolongent avec des projections futures ou un mix d’expériences qui surgissent du passé, rien de tout ça.   Je regarde ensuite la haie alentours qui subit le même sort que les cyprès. Puis mon attention est soudainement attirée par le chant de deux oiseaux qui semblent bavarder. Je sens d’un coup la fraicheur du vent froid qui me glace les jambes. En parallèle de tout ça, des idées apparaissent à nouveau dans mon champ de conscience et je les vois disparaître aussitôt, j’appelle ça la « valse des idées ». Et là, c’est une danse tranquille jusqu’à ce qu’une d’entre elle, plus forte que les autres, entraîne mon esprit en dehors du jardin. Mais son jeux ne dure qu’un bref instant. Je m’aperçois que je ne suis plus dans l’instant présent et me dit « sorti ! », c’est en effet l’un des deux ou trois mots que j’utilise pour marquer mon retours dans l’ici et maintenant. Cette étape est empreinte de naturel, d’absence de jugement pour être « sortie du moment présent », il n’y...

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Méditation et relaxation, quelle différence ?

    La méditation est souvent associée à la relaxation. Ce sont pourtant deux choses différentes qu’il convient d’expliquer pour y voir plus clair et ne pas se tromper sur le l’objectif propre à la pratique de chacune.   Regardons d’abord du côté des définitions proposées par les dictionnaires. Relaxation : Relâchement d’une tension musculaire destiné à provoquer une détente physique ; détente, délassement Méditation : (extrait de Wikipedia/org) « …Elle consiste souvent en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique par exemple, dans le but d’en approfondir le sens) ou sur soi (dans le but de pratique méditative afin de réaliser son identité spirituelle)… C’est une pratique visant à produire la paix intérieure, la vacuité de l’esprit, des états de conscience modifiés ou l’apaisement progressif du mental… »   En effet, la relaxation vise à atteindre volontairement un état de relâchement de toutes les tensions du corps et de l’esprit, grâce à différentes pratiques (relaxation progressive, exercices de respiration, yoga, visualisation guidée etc…). Des exercices précis permettent d’agir directement sur les états invalidants tels que le stress excessif ou l’angoisse par exemple, en déclenchant ce qu’on appel « une réponse de relaxation ».   A contrario, la méditation n’a pas pour objectif la détente et la relaxation. Avant d’aller plus loin dans les explications, je vous invite à lire, entre autre, l’article « La méditation est-elle pour tout le monde ? » disponible sur le site. La détente et la relaxation peuvent être une des conséquences de la méditation mais ne sont en aucun cas le but recherché lors de la pratique. D’ailleurs, vous risqueriez d’être souvent déçu puisqu’elles ne sont pas toujours au rendez-vous. La méditation consiste à être ouvert à ce qui se présente à chaque instant, et n’a pas vocation à changer volontairement notre état. Par exemple, si vous êtes anxieux, vous devrez simplement constater cet état, sans pour autant chercher à le modifier, juste observer, sans interagir. Il se peut que votre anxiété disparaisse ou s’atténue mais ce ne sera pas la conséquence de votre action volontaire. Aussi, si vous sentez localement une tension musculaire, le fait de poser votre attention dessus suffira à la relâcher la plupart du temps, sans que ce soit le but non plus. Il se peut d’ailleurs...

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Peut-on dire à tout le monde que l’on médite ? (Partie 2, suite et fin)

AUDIO DE L’ARTICLE (version complète) DISPONIBLE EN VERSION MP3 !     Suite partie 1 de l’article…   … Je pense que cela tient à l’association faite avec le Bouddhisme ou avec les activités sectaires (deux choses qui sont pourtant tellement aux opposés), et puis ça paraît curieux tous ces gens qui partent en retraite dans la forêt ou dans des monastères, pour faire le vide dans leur tête, quelle idée ! Bref, ces idées toutes faites ne vous faciliterons pas toujours la tâche. Votre annonce fait du coup l’objet de quelques moqueries dont vous vous passeriez bien. Les gens se demandent même ce que vous allez faire dans ce truc, ça paraît curieux voire suspect !   Ensuite, après quelques mois de pratique, vos chers interlocuteurs ne manqueront pas de vous faire remarquer l’inefficacité de la méditation puisque vous vous êtes un peu énervé en réaction à une situation déplaisante. Vous vous rendez compte, le méditant ne doit pas se fâcher, c’est interdit, ça ne colle pas avec la pratique ! vous devez rentrer dans le cercle des gens qui encaissent tout sans hausser le ton, sinon c’est pas bien, vous n’êtes pas dans le vrai, vous êtes en quelque sorte un imposteur ! Bien entendu, tout ça est complètement faux. Le méditant ne devient pas la « serpillère » sur laquelle tout le monde s’essuie les pieds sans qu’il dise STOP ou AÏE ! Et que dire si vous paraissez stressé. L’association faite entre la méditation et la relaxation est très ancrée dans les esprits. Un méditant est toujours ZEN ! C’est donc encore un signe que la pratique ne marche pas si bien que ça si vous êtes stressé. Et croyez-moi, il y a de fortes probabilités que votre interlocuteur vous le fasse remarquer.   Maintenant que le décor est planté, de manière peut-être un peu grisâtre mais plutôt réaliste malgré tout, il n’en reste pas moins que la question à se poser est : serez-vous en mesure de gérer ces situations sans pour autant vous sentir découragé ou penser remettre en cause votre pratique ? garderez-vous toujours votre motivation intacte ? Vous seul avez les réponses à ces questions et il est important que vous soyez honnête envers vous-même.   Et comme...

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